Le cloud computing: vers une industrialisation des services informatiques?
Un débat prend de plus en plus de place dans l’industrie des TI sur la place qu’on doit accorder à l’informatique dans les nuages (je sais c’est moche cette traduction pour le “cloud computing“). Toutefois, je remarque que les arguments amenés sont ceux qu’on utilisait et qu’on utilise toujours pour dénigrer un produit manufacturé industriellement versus un produit artisanal.
Certains commentaires antinuageux
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Le service ne pourra jamais correspondre entièrement à notre besoin.
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Si ça brise, il sera quasi impossible de parler à quelqu’un.
- On va avoir la même affaire que tout le monde.
Quelques répliques pour nous recouvrir de nuages
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Est-ce que vos besoins spécifiques sont justifiables? Quel est le retour sur investissement de ces fonctionnalités supplémentaires si nécessaires?
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Si ça brise, ils n’auront pas juste vous dans le dos. Ils auront des milliers voir des millions de clients insatisfaits. Je crois que votre appel de signalement ne sera pas nécessaire.
- Pourquoi se distinguer à tout prix? Est-ce que votre voiture est unique aussi? J’en doute et vous l’aimez tout de même. On peut choisir la couleur sur une auto et on peut souvent concevoir des gabarits visuels sur mesure pour des logiciels-service. Le whitelabeling permet aussi d’appliquer sa marque entièrement et cacher le véritable fournisseur du service.
Services de soutien versus les services de mission
Certains services dans l’entreprise sont en lien direct avec la mission de l’entreprise. Par exemple, les ordinateurs qui gèrent les transactions bancaires dans une banque ou une caisse sont en lien direct avec le but de la compagnie. Toutefois, les serveurs de courriels fournissent un service de soutien à l’organisation. Certes ça serait très gênant une panne des serveurs de courriel, mais ça n’affectera pas le fonctionnement de base de la banque.
Certains services sont rendus tellement banals que ça devient de plus en plus difficile à justifier de les héberger et les soutenir à l’interne. Aussi, il ne faut jamais oublier que chaque système vient avec sa ressource humaine pour la soutenir techniquement. On ne faut pas se limiter au matériel informatique, aux licences et à la salle des serveur.
L’industrialisation des services informatiques
Ces services génériques qui sont pratiquement identiques d’une entreprise à l’autre, qu’est-ce que ça donne de les mettre en place soi-même? Pourquoi payer le temps, les licences et le matériel pour reproduire une configuration qui n’égalera jamais celle d’une entreprise qui en est spécialisée? Les pratiques en TI n’ont-elles pas atteint une maturité qui justifie une forme d’industrialisation à la chaîne de ces services communs?
Ne devrions-nous pas nous concentrer seulement sur les services de mission et impartir les services génériques à des experts? Personnellement, je tends à penser de plus en plus comme ça. Qu’en pensez-vous? Doit-on impartir notre infrastructure informatique? Si oui, quels services doit-on délaisser?
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Mots clés: Cloud Computing, industrialisation, logiciel-service, mission, nuage



Vendredi 10 juillet 2009 à 13:56
Le “cloud computing” est nouveau mais pas tant que ça: n’y a-t-il pas déjà une délégation de services comme vous le faites remarquer avec l’exemple du service de courriel d’une banque?
De plus les entreprises qui font affaire avec un hébergeur de site web plutôt que d’héberger le site sur leur propre serveur ne sont pas exceptionnelles.
Sans compter l’existence de services tel qu’Akamai pour l’”application delivery” par exemple…
Si bien qu’on peut dire que le “cloud computing” était déjà utilisé sans en avoir le nom.
La décision de “délocaliser” des services vers des serveurs externes à ceux de l’entreprise dépend de plusieurs facteurs dont il faut tenir compte: les coûts, les garanties juridiques, la protection de l’intégrité des données et de leur confidentialité, le ratio coûts/bénéfices, etc.
La décision en fin de compte ne concerne pas le “pourquoi” mais le “comment” et le “quand”.
Il y a un adage en économie qui dit: «Il est plus payant d’acheter son lait que d’avoir sa propre vache.»
Passer des services artisanaux à des services industrialisés, pour reprendre votre expression, est tout à fait sensée pour les entreprise sous les conditions mentionnées plus haut.
Vendredi 10 juillet 2009 à 14:09
Merci Claude pour votre pertinent commentaire. C’est vrai que les services d’hébergement web pour le site internet ou les services de proxy comme Akamai sont apparus pour la plupart à l’externe des entreprises. Peu d’entre elles se sont lancées dans l’hébergement local. Dans le milieu des années 90, rares étaient celles qui avaient un lien internet dédié.
Toutefois, le cloud computing amène la délocalisation de systèmes auparavant hébergés et gérés localement (stockage, sauvegardes, applicatif).